tèkimoi
Je m’appelle Gaële et je t’aime.
APPARTENIR AU VIVANT
Avril 1981
“ Quand j’avais trois ans, je suis morte… mais pas longtemps, suffisamment en tous cas pour me sentir m’élever et enveloppée par un immense sentiment de plénitude. Partir ? Revenir ? Rester ? Pour qui ? Pourquoi ? Mon corps pourrait assurément me servir de vaisseau, il faut donc le réintégrer, c’est la seule solution, et surtout, le premier choix décisif, premier mouvement pour entamer le beau voyage… “
© Josée Martel
J’ai stocké l’oxygène reposé ma rétine Voir au coeur de moi-même sans tirer sur les racines J’ai enfin donné du temps à mon hémoglobine Voir que mon inconscient retrouverait l’origine
La trêve (Paroles et musique: La Trêve)
RENCONTRER MON TERRITOIRE
Avril 2025
“Habiter mon territoire de simple mortelle d’une autre manière. Mes jambes, enracinées dans l’humilité et la résilience de mes Alpes natales. Mon dos, profond comme le fleuve gelé de mes deuils. Mon ventre, fourmilière créative de ma synesthésie et nid douillet de ma différence. Mes bras de migrantes comme terre d’accueil éternel pour l’amour. Ma tête, l’île merveilleuse en apesanteur, tisseuse de liens et gardienne de mes réflexions”
« Je ne crois même en vérité qu’une seule chose. Mais cette certitude a coulé partout, a tout imbibé. Pas un fil de l’existence n’est resté sec. Elle tient en deux mots: la vie est sacrée. » (N’oublie pas les chevaux écumants du passé)
Christiane Singer – Romancière et essayiste
© Rafa
Au creux de la montagne Enfouie dans le brouillard Cachée dans ma mémoire Y’a une ville sans âge Une ville intérieure Une ville en otage
Ville intérieure (Paroles et musique : Gaële)
JAMAIS RASSASIÉE DE LA BEAUTÉ DU MONDE
Juillet 2023
« Réitérer mon corps, revenir…choisir le monde des vivants. L’expérience hors-norme que j’ai vécu à l’âge de 3 ans me dote à l’époque d’une confiance en la vie dont je n’ai pas conscience. Après des années de réflexions, d’interrogations de rencontres et forte d’une migration entre le vertige de mes Alpes natales et l’horizon des grands espaces canadiens, je touche enfin du doigt ce que me murmure mon chemin de vie : “Cherche en toi la beauté du monde pour la partager autour de toi”. Et si TÈKIMOI était l’histoire de ce fabuleux jeu de piste. »
« Que veux-tu apporter au monde aujourd’hui? »
Josée Martel – Facilitatrice Radical Aliveness
©
Libérez-nous du long sommeil Traînez nos corps à travers le soleil C’est maintenant qu’il me faut vivre Croire quelque chose que part
Croire (Paroles et musique : Pierre Flynn)
PETIT CONTINENT D’UN GRAND PAYS
Novembre 2016
Naître, mourir et entre les deux? Être. Être en mouvement. D’un vol d’oiseau migrateur de mon âme à mon corps, de l’enfant à la femme artiste, de l’Europe à l’Amérique, de moi à l’autre, de l’abstrait au concret, d’hier à demain, de ma taille humaine à l’infiniment grand. Dans un ping-pong incessant, oser défricher, disséquer, vérifier, prouver, sentir, créer les contours de mon « territoire de cinq pieds six pouces ». Ce territoire éphémère qui m’est prêté, qui m’est offert, du premier jour au dernier souffle. Me regarder de loin, dehors, pour m’aimer de proche, dedans. Et si inlassablement, en savourant chacun de mes battements, chacune de mes respirations, mon rythme résonnait au-delà de ma peau?
« De l’espace, il devient clair que sur Terre, nous ne nous voyons pas comme faisant partie d’un tout (…) Nous n’aurons pas la paix sur Terre tant que nous ne reconnaîtrons pas que tout est interconnecté. »
Ron Garan – Astronaute
© Gaële
Par delà les frontières Les prairies et la mer Dans les grandes noirceurs Sous le feu des chasseurs Dans les mains de la mort Il s’envole encore, Plus haut, plus haut Le coeur est un oiseau
Le coeur est un oiseau (Paroles et musique : Richard Desjardins)
ENTRE SAISONS
Entre 3,4,11 et 12
Toujours le cul entre deux chaises, entre deux cultures, entre deux langues, deux continents, entre deux pensées, entre deux actions, entre chiens et loups. Et pourtant, j’adore être née au début du printemps et espérer mourir à la fin de l’automne. Le corps et le cœur en équilibre dans l’entre saison. Pas tout à fait un vrai début, pas tout à fait une vraie fin. Juste le sentiment heureux et serein d’être de passage.
« On ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l’entre-deux »
Blaise Pascal
© Jipé Dalpé
À ceux qui restent encore un peu Ceux dont les yeux sont remplis de promesses La vie est courte mais en attendant la fin Profitons en pour ceux qui ont déjà fini la route
À ceux (Paroles et musique : Gaële)
JARDIN FERTILE
Janvier 2017
« Jamais aucun être humain ne m’appellera “Maman”. Je ne serai pas mère comme la société l’entend. Pourtant mon ventre fourmille de création. Son sol est riche et fertile. J’aime à penser que j’ai pourtant une grande famille. Mes enfants s’appellent Imagination, Audace et Confiance, Curieux et Unique. Iels ne cessent de grandir et de s’épanouir. Iels appartiennent à la beauté et prennent racine dans l’amour. Encore et encore, je choisis de planter les mains dans l’espoir, Je tente de semer l’harmonie en silence, en rire et en mots. J’arrose comme je peux de lumière. J’écoute travailler ma terre et je patiente. Jusqu’à l’euphorie magique de voir émerger la première pousse. »
“Les mamans sont d’abord et avant tout des femmes. Être mère, c’est défendre ses petits, les aider à grandir, les écouter sans les juger et tenter de les guider le mieux possible sur le chemin de la vie. Regarde ta vie à toi et tu verras que c’est exactement ce que tu fais avec ceux que tu aimes.”
Rafa – Journaliste, globe-trotteuse et auteure
© Gaële
Qu’est-ce que ça peut bien faire de quoi j’ai l’air? On est toutes pareilles, de la tête aux orteils, suffit d’un peu d’amour arrosé de soleil
Femme en ic (Paroles et musique : Gaële)
CASTOR PLUS FORT
Été 1990
Être guide (ou Jeanette) le temps d’un été. Chaque matin, former le carré, attendre que ce soit au tour de notre patrouille d’enfin pousser à l’unisson notre cri de ralliement. Nos gorges libres et déployées de jeunes filles de 12 ans donnent le courage nécessaire pour mordre dans nos journées. Ensemble, aller, à 3 : « Castor plus fort! ». Si à l’époque je n’ai choisi ni ce rongeur semi-aquatique ni cette rime incantatoire, tout m’était prédestiné. Car des courants de l’Arve (Haute-Savoie, France) aux rives du lac du Coeur (Québec, Canada), l’écho de ce cri résonne depuis, sur tout mon territoire. J’ai nagé dans les eaux glacées pour me bâtir un nid. Rongé mon os sans relâche dans les moments de doutes. Montré les dents quand c’était le temps, Tapé du pied devant l’inacceptable. Et plongé creux, tête la première quand le danger s’est fait sentir. Persévérance et résilience pour inlassablement apprendre à m’aimer. Des branches, des troncs, des feuilles, de la terre mouillée… Pour de vraies racines toujours plus profondes Partout, en tout temps.
« L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. »
Simone Veil – Magistrate, auteure et femme politique française.
© Gaële